L'« Hôtel Transylvanie » du rire improbable

 Publié le dimanche, 30 septembre 2012 13:29 - par Laurent Leblond
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Adam Sandler est l'un des principaux producteurs de cette aventure quelque peu rocambolesque et qui ne mérite pas l'attention espérée.

Dracula et le jeune humain ne surprennent pas toujours. (Photo: courtoisie Columbia Pictures)
Au moment de la multiplication incessante des productions du genre, en dessins animés, comme c'est le cas pour les films de science-fiction, le constat peut apporter l'importance du traitement infographique, qui permet toutes les fantaisies et tous les espoirs. L'inspiration ne suit malheureusement pas.

Il peut être facile de lier la façon de faire de Sandler, auteur de navets de première depuis un bon moment au cinéma américain, avec cette manière de productions animées, qui ne lèvent pas nécessairement. Le fait est que, Sandler ou pas,  « Hôtel Transylvanie » n'apporte pas le rire espéré.

Le scénario de Dan et Kevin Hageman (« Ninjago », « Temple Stay »), Robert Smigel  (« Saturday Night Live »), Peter Baynham (« Borat », « Bruno », « Arthur »), auteurs nombreux, est quelque peu mince, compte des pléthores de redites et de gags surannés, tout en permettant aux artistes visuels de réaliser de belles choses et d'inventer quelques « horreurs » surprenantes.

Mais, dans l'état de la donne d'aujourd'hui, en cas d'espèces, de réalisme ou d'invention, le contour et les formules des dessins sont souvent redondants, en regard de ce qu'on a déjà vu et de ce qu'on veut illustrer.
.Les locataires de cet hôtel sont des monstres... et leurs familles, parfois amusantes. (Photo: courtoisie Columbia Pictures)
Cet hôtel, sorte de refuge pour refaire la santé de monstres connus, en un lieu inconnu, loin des humains, les vrais monstres, aurait pu donner une possibilité de se moquer de bien des choses. Ce n'est pas la matière qui manque, mais ce n'est pas le cas. La réserve des scénaristes, surtout d'Hollywood, plutôt libéraux, étonne, déçoit même.

Le père Dracula veut garder sa fille Mavis éloignée des cadres humnais, depuis la mort tragique de sa femme. Cet hôtel lui permet d'avoir le plaisir d'accueillir régulièrement ses invités et ses amis, Frankenstein, le Loup-garou et l'Homme invisible et bien d'autres, comme leurs familles, alors que Mavis rêve d'autres choses. De liberté par exemple, loin de ces remparts lugubres.  Un jour, un jeune adulte humain, très « in » et à l'inséparable sac-à-dos, arrive à l'hôtel,  présumément interdit ou introuvable aux humains. Dracula est en beau joualvert, surtout que le jeune homme sait quoi faire...

Il va se passer quoi? Devinez... Une histoire d'amour contrecarrée peut-être? Une farouche opposition paternelle, basée sur un mensonge éhonté? Sans le savoir et avoir vu le film, il est évident que cette... évidence est probable. C'est le cas et ça n'aide pas la dramatique...

Soyons clairs. « Hôtel Transylvanie » n'est pas un four; ce n'est pas éclatant non plus. Les voix originales ne sont pas disponibles aux écrans québécois. C'est malheureux, parce que plusieurs « stunts » doivent être pas mal plus drôles en version de base. La postsynchro est efficace. Elle a toujours ses limites, surtout dans ce type de productions.

Ce sont donc les effets visuels et les séquences d'action, si je puis dire, qui assurent une certaine efficacité d'humour, comme cette poursuite dans les corridors du château, les scènes de « contradictions » fantômes-humains, les zombis serviteurs, le chef cuisinier et la bouille de certains personnages, celle du jeune humain en particulier, les enfants des monstres..Les  rappels de certains succès, dont « Twilight », ne suffisent pas quand même pas à faire lever la pâte. .La « princesse » Mavis veut faire sa vie. Devinez avec qui. Son père ou le jeune humain? (Photo: courtoisie Columbia Pictures)
Mais, ce mais est important, la production manque manifestement de souffle, d'efficacité humoristique, pour faire rire et impressionner à tout coup. Ce film est de catégorie basique dans le style, sans plus. Quelques surprises ne fouettent pas le tout.

J'ai par contre aimé quelques entourloupettes de prises de vues (un 360 degrés étonnant dans la chambre de Mavis, quoique les créateurs des « Simpsons » en réussissent d'aussi surprenants) et une musique, celle de Mark Mothersbaugh (« Regular Show », « Thirtheen », « Rushmore », « Alvin And the Chipmunks: dewreked »), parfois amusante.

C'est le premier film de Genndy Tartakovsky (« Star Wars: The Clones Wars »), d'abord illustrateur pour des séries animées de la télé, qui, mieux encadré, pourrait nous surprendre.
 
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